
Kimya Dawson rocks my kids
Il est un drame souvent qui affecte les parents qui se veulent musicophiles avertis et éclairés (voire précepteurs) : concilier d’élevés principes ("Tu écouteras de l’indie-folk, mon fils !") et des réalités bien plus désolantes (les boîtes à musique du McDo qui diffusent en boucle les éructations d’Ilona). A l’heure où les émissions de télé pour enfants regorgent de publicités pour les singles de Bébé Lilly, Kidtonik, Mondotek et autres affreuses positions avancées de la tecktonik ou du r’n’b franchouillard dans les foyers familiaux, il est grand temps de prendre des mesures. Contre-offensive.
Certains, à la Blogothèque et ailleurs, se sont déjà penchés sur la question, axant leurs réflexions sur les musiques idéales pour éduquer les très jeunes oreilles. On approuvera la démarche autant que les conclusions, mais on fera remarquer qu’à cet âge-là, les enfants peuvent difficilement protester et encore moins réclamer (les puristes argumenteront sur l’éloquence de certains pleurs, mais le débat n’est pas là). En revanche, dès que les mouvements se font plus coordonnés, que la parole se joint aux autres manifestations physiques de joie ou de colère, que l’enfant atteint, en gros, l’âge de deux ans, les confrontations deviennent inévitables.
C’est navrant, mais c’est ainsi, un enfant réclamera très rarement le dernier Bonnie ‘Prince’ Billy, le premier album d’Emily Jane White ou celui de Bon Iver. Il ne fouillera votre Cdthèque vénérée que pour l’unique plaisir d’y semer la pagaille, entre bris de boîtiers cristal et déchirements de pochettes. Et sera plus enclin à réclamer à cor et à cris les singles de Pigloo, Stinky ou Meuh Meuh Star (si si, ça existe) dont il aura vu vantés les mérites sur une infâme chaîne de télévision hertzienne…
L’art est difficile et le genre souvent méprisé. A tort : captiver un enfant en chansons, sur la longueur, est apanage rare, réservé aux comptines intemporelles et à des artistes louables. Des classiques inattaquables : Anne Sylvestre et ses Fabulettes subtiles, la bonhomie et le sourire d’Henri Dès ou les riffs rigolos de Vincent Malone, mais point de folk enfantin, d’ukulélé fun, de banjo amusant ni de percussions friponnes. Le genre était, semblait-il, plus adapté aux lamentations sur les longues nuits d’hiver dans les cabanes en bois aux confins du Wisconsin qu’aux comptines sur les doudous ou aux rengaines pipi-popo… Il fallait une personnalité singulière comme celle de Kimya Dawson, papesse de l’anti-folk et ex-Moldy Peaches, pour décomplexer le style. Parfois déguisée en ursidé géant sur scène, elle a fini par accoucher d’un petit Panda (Panda Delilah Dawson) et logiquement lui consacrer ses premières compositions post-naissance. Enregistré avec beaucoup d’amis, Alphabutt (sur K Records) est un disque lumineux, fait de comptines heureuses et de chœurs d’enfants, d’animaux sauvages et de petits monstres, de familles joyeuses et d’aventures de poche. Un disque pas honteux du tout, qui donne envie de fredonner et de sourire, de s’agenouiller et de se dandiner au milieu d’une crèche ou d’une école maternelle, en agrippant des petites mains et en chantant à tue-tête des ritournelles toutes simples, de prendre un tambourin ou un triangle et de battre la mesure. Un disque à apprécier de un à soixante-dix-sept ans, qui défoule et qui apaise en instituant des moments calmes, posés, où l’on apprécie le folk nu et la ballade épurée mais chaleureuse. Un disque à posséder en double, à partager et à offrir aux petits anniversaires…









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12 septembre 2008, par Thierry Chatain
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12 septembre 2008, par davnat
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12 septembre 2008, par Babotschk
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19 septembre 2008, par anelyse
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4 décembre 2008, par Buddha