White Hinterland à la française

On avait laissé Casey Deniel jouant la muse charmante d’un orchestre jazzy flottant sur le Philactery Factory de son White Hinterland ; on la retrouve, un peu par surprise, avec une "lettre d’amour à la France, la musique et la langue française", orthographe maladroite dans le livret mais déclaration sincère, sur un EP singulier. Luniculaire (Dead Ocean/Differ-Ant), en cinq titres opulents, fait dans la reprise et l’invention verbale, la mélancolie faussement lascive et la séduction feutrée.

White Hinterland - Luniculaire

C’est d’abord une version un peu vicieuse du "Requiem Pour Un Con" où Casey donne l’impression de chanter en faisant la moue mutine pendant que ses musiciens tiennent le groove et maltraitent un peu les cordes. Voix assourdie mais accent troublant, ses "pauvre con" passeraient presque pour des invitations coquines. De la volupté également et les mêmes ingrédients séducteurs pour une reprise pourtant trop classique de "Mon Amie La Rose" : trop ouaté, trop cotonneux, presque anesthésique, la seule (petite et pardonnable) fausse note de ce court essai. La troisième et dernière réinterprétation fait plaisamment pardonner ce petit écart : percussions africaines, jungle de sons, une transe inattendue, c’est l’étonnant "J’ai 26 Ans" de Brigitte Fontaine et son hypnotisme tribal, étrangement érotique.

Sur ses deux compositions en français, l’une plutôt expérimentale ("Chant De Grillon"), l’autre plus représentative du style de White Hinterland ("Lunirascible"), Casey Deniel oeuvre dans le chant soupirant, posé sur des couches d’instruments érudits : percussions subtiles et délicates, guitares en strates pour des effets de profondeur et pianos aux notes évanescentes.

Casey Deniel

Plutôt qu’un groupe uni faisant front commun, c’est l’impression tenace de superpositions idéales, chacun ses options mais cap unique (lequel ? nul ne le sait et on doute que la demoiselle ait une idée précise…).

Une muse maladroite et touchante à la barre, et sa musique qui se joue des obstacles, qui tangue sans cesse, qui oscille et virevolte au-dessus des précipices. White Hinterland, c’est un assemblage fragile, une équation hasardeuse mais avérée, et comme toutes les émotions en équilibre, c’est un petit miracle en soi…

le 7 octobre 2008 par Rockoh
commentaires •

White Hinterland à la française

Heu elle chante totalement faux.

Conceptuel ?

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8 octobre 2008, par Piet

White Hinterland à la française

Mouais ... C’est effectivement assez faux ...

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10 octobre 2008, par gab

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